Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 16:15

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Evidemment, je m'y attendais puisque j'en suis l'auteur mais... à ce point-là! Quelle vision, c'est à peine croyable... Son mari n'est plus que l'ombre de lui-même. Les vertèbres ont dû être salement touchées. Il doit maintenant peser dans les quarante-cinq kilos. Il est tassé dans son fauteuil, sa tête est maintenue à peu près droite par une minerve. Son regard est vitreux, son teint jaune comme un coing. Et il est tout à fait conscient. Pour un intellectuel, ça doit être terrible. Quand on pense que ce type n'a pas trente ans, on est effaré... Quant à elle, elle pousse le fauteuil avec une abnégation admirable. Elle est calme, son regard est droit. Je trouve sa démarche un peu mécanique mais il faut comprendre: cette fille a de gros soucis... En tout cas, elle ne tombe pas dans la vulgarité: pas d'attitude de bonne sœur ou d'infirmière martyre. Elle serre les dents et pousse le fauteuil, voilà tout. Elle doit pourtant réfléchir et se demander ce qu'elle va faire de ce légume. Moi aussi d'ailleurs. (4ème de couverture)


Robe de marié est un roman français écrit par Pierre Lemaitre. La première partie de ce thriller est consacré à Sophie et sa descente aux enfers. Nous apprenons à connaître une jeune femme complètement hors de sa vie, en pleine dépression, sujette à des trous de mémoire. On sait peu de choses d'elle, si ce n'est qu'elle a perdu son mari il y a peu de temps et qu'elle est désormais la nounou d'un garçon de six ans. Après une nuit difficile, elle se réveille complètement groggy et découvre que l'enfant est mort. Elle s'enfuit alors... zombie, folle furieuse, malade mentale, c'est le genre de personnage que l'on adore détester !


Mais le thriller comporte deux autres parties où l'on rencontre d'autres personnages. Je n'en dirais pas plus. D'ailleurs, je vous conseille de rien lire d'autre si vous souhaitez lire ce roman !

Je l'ai lu d'une seule traite. Pierre Lemaitre, tel un maitre de l'esprit, a construit son roman d'une façon que vous ne pouvez pas vous échapper de ce livre. En plus d'une construction magistrale, l'histoire est diaboliquement angoissante pour nos personnages, et bourrée de suspense. Le lecteur est mis en position de voyeur, qui n'est pas sans rappeler l'histoire du roman. 


Je n'ai que des compliments pour ce thriller, ce qui arrive rarement. J'ai envie de le conseiller aux personnes qui sont un peu réfractaires à la lecture. Une seule peur me vient à l'esprit, c'est que cette histoire de Pierre Lemaitre m'arrive....


Coup de coeur !

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Publié dans : Littérature polars - Par Lucie
Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 14:27

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Une bien étrange paire se présente aux portes du château Garamont : un sorcier autoritaire et susceptible, accompagné d'un homme-loup aussi effrayant que noble de coeur. Pour la jeune Axiale, retenue prisonnière dans sa chambre, nul doute qu'ils ont un lien avec le chevalier Eras, son père mystérieusement disparu... Une compagnie d'aventuriers des plus inattendue naît alors, et part à la recherche du chevalier Eras de Garamont. Leur objectif : percer le secret de sa quête. (4ème de couverture)


Les Armes de Garamont est le premier tome du cycle de La Malerune, par Pierre Grimbert. Ce dernier est l'auteur du cycle Le Secret de Ji, qui l'a fait connaître du public. C'est avec plaisir que je découvre donc ce livre français de fantasy, grâce à Livradict et Le Livre de Poche. Peu familière du genre, j'ai saisi l'opportunité de découvrir un peu plus l'univers fantasy. 


Dans un Aeldo en guerre contre le Maune depuis que La Malerune a été lue, un lycante et un puissant sorcier se rendent sur les terres de Garamont dans l'espoir de retrouver la trace du chevalier disparu Eras. Celui-ci est parti depuis trois ans à la recherche de la rune qui permettrait de rétablir l'équilibre dans le Troisième Monde, entre le Maune et l'Aeldo. A cette occasion, ils croisent le chemin de puissants dangers et adversaires car certains livres n'auraient pas être ouverts et certaines runes n'auraient jamais du être tracées. Les vies des filles du chevalier sont en danger ainsi que des milliers d'autres vies, si la belle arcane n'est pas retrouvée et l'équilibre rétabli.


Pierre Grimbert nous amène dans un monde complexe, bouleversé et où les repères sont peu nombreux. Il m'a été difficile de pénétrer dans ce royaume littéraire car l'histoire démarre sous des chapeaux de roues, sans l'on nous fournisse beaucoup d'explications. Celles-ci viendront au fur et à mesure de l'histoire. Divisé en trois parties, le livre alterne temps de pause, temps de réflexion, scènes d'action et d'épée. Grâce à ce rythme, il parvient à captiver son lecteur. 


L'histoire des runes m'a bien plue. Avec des descriptions très visuelles, j'ai parfaitement imaginé les tracés des courbes et arabesques magiques. Si l'histoire est parfois déconcertante, l'auteur a su préserver une harmonie de lieux, qui rend le livre assez convivial puisque l'action va dérouler entre un vieux château et un monastère. J'ai un avis un peu plus mitigé sur les personnages de ce roman. En effet, même si avec le vieux sorcier, la jeune chasseresse au caractère tempéteux, un loup-garou grondeur et une jeune fille brillante, Pierre Grimbert reprend les classiques du genre, on verse parfois dans la caricature, notamment lors des dialogues ou des confrontations. 


Néanmoins, j'ai apprécié cette lecture agréable, divertissante et étonnante. Je vais volontiers lire la suite du cyle de La Malerune (Michel Robert en est l'auteur, Philippe Grimbert s'est chargé de superviser la rédaction). 

Je tiens à remercier vivement les éditions Le Livre de Poche et Livraddict pour cette découverte de la fantasy française !


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Publié dans : Littérature fantastique/horreur - Par Lucie
Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 15:56

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"Aussi fantasque que son titre, et drôle, tendre, incroyablement attachant : voici un premier roman comme on n'en a pas lu depuis longtemps, qu'on a hâte de se passer de main en main.

Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey ? Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal..."
Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) – délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité – Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle – et même d'autres habitants de Guernesey –, découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.
(4ème de couverture)


Ce roman épistolaire a été écrit par deux américaines, Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. Mary Ann Shaffer est décédée peu après la décision de publication de ce livre. 

On a beaucoup vu ce roman sur la blogosphère ainsi que sur les devants des librairies. Face à une vague déferlante d'avis positifs, j'étais plutôt intriguée par ce roman à la couverture sympathique et au charme désuet. 

Faute de le trouver dans ma bibliothèque, il m'attendait dans une pile de livres dans ma librairie d'occasion, quelque part entre un Marc Levy et un Jean Teulé, à moins que cela soit un Douglas Kennedy...

Bref, j'ai profité d'un weekend à Chausey, îles normandes, pour débuter ce roman se déroulant à Guernesey. Il s'agit de la correspondance entre Juliet, jeune femme écrivain, et ses différents contacts et amis, entre janvier et septembre 1946.


L'histoire de ce roman débute à Londres où Juliet cherche un sujet pour son nouveau roman. Par un concours de circonstances, elle va commencer à échanger des lettres avec un insulaire, Dawnsey, qui se retrouve propriétaire d'un livre ayant appartenu à Juliet. Petit à petit, les conversations se tournent vers Guernesey, la vie d'après guerre et comment un club de lecture a tiré ses membres de la morosité pendant quelques heures. 


Le roman se compose ainsi d'échanges de lettres entre l'éditeur et ami de Juliet, Sidney, les membres du Cercle Littéraire, Susan la plus proche amie de Juliet, et quelques autres. Le livre est divisé en deux parties, la première durant laquelle Juliet est à Londres, la seconde durant laquelle elle réside sur l'île de Guernesey. Ainsi, l'échange de lettres est varié, sans ennui et d'une longueur parfaite. Bien qu'il y ait de nombreux personnages, on n'est jamais perdu car chacun d'eux a un caractère facilement identifiable ou a connu une anedocte drôle, fantaisiste ou triste.

Le personnage de Juliet est superbement drôle. Elle est célibataire et cherche l'amour. Elle a été presque mariée une fois, avant que son futur et ex mari ne commette l'irréparable ! (Je n'en dirais pas plus mais les amateurs de livres vont apprécier !).


Ce roman oscille entre tendre légèreté, succulent humour et triste réalité. Tous ces ingrédients sont distillés à bonne dose, donc le roman ne tombe jamais dans l'émotion facile. Même l'on devine la fin au fil des pages, la lecture est tellement agréable, que l'on tourne très rapidement les pages afin de connaître le dénouement. Vous savez, c'est le genre de livres où l'on dit "encore un chapitre et j'arrête" et l'on se dit ça à chaque chapitre, sauf qu'ici c'est avec "encore une lettre et j'arrête" ! 


Un superbe moment entre rires, émotions, drames et légèreté !



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Publié dans : Littérature étrangère - Par Lucie
Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 08:47

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" Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu'au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l'attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n'ait été dit, sans raison objective, Mathilde n'a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu'elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.
Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l'attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l'immense solitude qu'elle abrite.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s'arrête. Autour d'eux s'agite un monde privé de douceur.
Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l'on risque de se perdre sans aucun bruit." (4ème de couverture)


Après No et moi, Les Heures souterraines est mon second roman de Delphine de Vigan. Ce roman s'ancre tristement dans l'actualité du monde du travail.


En effet, l'histoire de Mathilde est probablement celle de milliers de salariés d'entreprises françaises et internationales tel que France Telecom. En effet, Mathilde est une cadre en marketing qui est victime d'un harlècement moral et psychologique de la part de son responsable. Ce dernier l'a pris en grippe, a discrédité son travail, l'a descendu auprès de ses collègues qui ne souhaitent pas connaître le même châtiment. Elle est mise au placard, même la DRH est impuissante. Toutes les tentatives de communication de Mathilde pour désamorcer la situation se solde par un échec cuisant. Elle est dans une voix sans issue, dans une solitude totale.


En parallèle, Thibault est médecin et parcourt Paris et ses embouteillages. Comme dans un miroir, ses patients lui renvoient sa propre solitude, comme cette personne âgée qui n'est plus capable de descendre au supermarché ou de se baisser et est en situation de détresse. Thibault, lui se plonge dans le travail, pour oublier qu'il aime une femme qui ne l'aime pas, qui est seul à Paris parmi la foule parisienne.


Dans les couloirs du métro parisien, Thibault et Mathilde se croisent. Mais finiront-ils par se trouver ? Que va-t-il arriver à Mathilde ? 


Delphine de Vigan signe, une nouvelle fois, un roman sombre aux puissants sentiments. Grâce une écriture efficace et sans complaisance, elle nous offre une réflexion juste sur le monde du travail et la solitude des sociétés occidentales. Bouleversant, criant de vérité, son roman est le reflet d'une frustration, de l'anonymat, de destruction du lien social qui détruit peu à peu notre société. 


A lire si vous aimez Delphine de Vigan et si vous voulez découvrir ce que peut être la souffrance du harcèlement moral !

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Publié dans : Littérature française - Par Lucie

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