Finnigan et moi, Sonya Hartnett

Publié le par Lucie

Finnigan_et_moi.jpg

"Jeune garçon victime d'un mal inconnu, Anwell arrive au terme d'une longue agonie. Il raconte comment son enfance sordide fut bouleversée par l'apparition de Finnigan, l'enfant des bois, son opposé, son idéal. Les deux amis ont un pacte : dès qu'il faudra mal agir, Finnigan s'en chargera. Anwell n'aura plus qu'à faire le bien. C'est alors qu'une épidémie d'incendies ravage leur petit village australien, laissant la police locale impuissante et plongeant les habitants dans la crainte et la suspicion. Mais qui est-il, ce mystérieux compagnon qui apparaît et disparaît comme un fantôme et dont la présence devient de plus en plus incontrôlable et malveillante ?" (4ème de couverture)

J'ai découvert ce roman australien de Sonya Hartnett, grâce à un partenariat entre Livraddict et les éditions J'ai Lu. Suite à mon voyage en Australie, j'ai eu envie de lire un roman se déroulant dans une petite ville australienne, autre que le désormais classique Cul-de-sac ou Piège nuptial de Douglas Kennedy.

On retrouve l'idée du huis-clos dans cette bourgade, Mulyan, "Un point essentiel à propos de Mulyan : personne ne choisit de venir ici. Dans cette petite ville enveloppée par des montagnes en mâchoire de requin, nous sommes loin. Très, très loin. Nous nous connaissons tous sans exception, et nous ne connaissons que nous."

Ainsi à Mulyan, Anwell se meurt d'une maladie inconnue et commence le récit de sa vie. Tour débute avec sa rencontre avec Finnigan, son double sauvageon et libre, alors qu'Anwell n'a pas l'autorisation de jouer dans la rue. Il est placé sous une étroite surveillance parentale, à coups de corrections et remontrances. Il fait alors un pacte avec Finnigan. 
Anwell fera le bien tel un ange (d'où le surnom de Gabriel), Finnigan fera le mal et le vengera de toutes les injustices.  
C'est ainsi que Mulyan connaît une série d'incendies sans fin...

Je ne peux pas dire que j'ai trouvé la lecture de ce roman très agréable, car le récit est assez pertubant et dérangeant. La narration est partagée entre Anwell et Finnigan, donc entre la lente agonie d'Anwell, ses souvenirs et la vie d'errance et de méfaits de Finnigan. 
   L'écriture souvent poétique est avant tout le reflet de l'ambiance malsaine qui règne. On ressent les non-dits dans le foyer du jeune garçon, les commérages et rumeurs propres aux villages. Mais au-delà de ça, on ne peut distinguer la frontière entre le réel et l'imaginaire, le vrai du faux. Pourquoi Finnigan apparaît et disparaît à son gré ? Pourquoi Anwell ne peut révéler son existence ?
Sonya Hartnett exploite avec brio le thème des personnalités multiples et de la schizophrénie. Elle suggère plus qu'elle ne raconte, elle joue avec l'ambiguïté, le doute.
La fin est époustouflante et j'ai désormais envie de relire Finnigan et moi, afin de comprendre toutes les subtilités de l'histoire. De multiples interprétations sont possibles, les routes vers l'imaginaire sont ouvertes. D'ailleurs, on ne peut classer ce roman dans une catégorie spécifique, puisqu'il oscille entre thriller psychologique, roman d'apprentissage et récit fantastique. 
Je remercie Livraddict et J'ai Lu pour ce lecture surprenante et pertubante !


 

Commenter cet article

Liyah 09/03/2010 09:20


Ca a l'air special mais ca m'interesse pas mal !


Lucie 09/03/2010 13:07



Oui, le livre est un peu étrange et pertubant, mais je suis contente de l'avoir lu !



flof13 08/03/2010 23:33


bon, tu confirmes ce que j'ai lu ailleurs... et du coup ma LAL en prend encore un coup !


Lucie 09/03/2010 07:50



Ouille dur pour ta PAL ! Heureusement, Finnigan et moi fait moins de 300 pages et peut se lire très vite !



djak 08/03/2010 22:13


J'aime bien les récits complexes, à la fin desquels on se dit "ah oui?! Wow!" et ça a l'air d'en être un! Merci pour ton billet!


Lucie 09/03/2010 07:47



C'est tout à fait ça !