Long week-end, Joyce Maynard

Publié le par Lucie

J'ai lu dans le cadre d'un partenariat entre Babelio "Opération Masse Critique" et les Editions Philippe Rey, que je remercie tous les deux pour cette découverte.

L63281

"Cette année 1987, une chaleur caniculaire s'abat sur la côte Est pendant le long week-end de Labor Day. Henry a treize ans, vit avec sa mère, ne supporte pas la nouvelle épouse de son père, aimerait s'améliorer au base-ball et commence à être obsédé par les filles. Jusque-là, rien que de très ordinaire, sauf que sa mère, elle, ne l'est pas. Encore jeune et jolie, Adele vit pratiquement retirée du monde et ne sort qu'en de rares circonstances. La rentrée des classes qui approche la contraint à conduire son fils acheter vêtements et fournitures au centre commercial. Et là, planté devant le présentoir des magazines où il essaye de feuilleter PlayboyHenry se heurte à Frank, ou plutôt Frank s'impose à Henry : Frank, un taulard évadé, condamné pour meurtre... Pendant quatre jours, le trio va vivre un surprenant huis-clos, chacun se révélant un peu plus au fil des heures. Et, vingt ans plus tard, avec émotion et humour, Henry révélera les secrets de ce long week-end qui lui a appris à grandir..."

 

Une fois le roman arrivé dans ma boite aux lettres, j'avais hâte de lire car le résumé m'avait plu et j'étais intriguée par l'histoire de l'auteur, Joyce Maynard.

Triste coïncidence du calendrier ! Je m'explique : Joyce Maynard, fut à ses 18 ans la compagne de J.D. Salinger, qui est décédé cette semaine à l'âge de 90 ans. La dimension autobiographique resurgit nettement lors de la lecture, lorsque l'on sait que J.D. Salinger vivait dans un isolement total et qu'il prônait un mode de vie excluant les tentations extérieures (ascétisme culinaire, un brin savant fou mettant au point ses propres remèdes médicinaux, dénonciation des éditeurs et publicistes).

Donc, à travers le regard d'un jeune adolescent de 13 ans, Henry se rémémore ce long week-end qui changera sa vie à jamais. Lui et sa mère, Adèle, vivent à Enfield, dans le New Hampshire, dans une maison de banlieue, au bout d'une impasse. Ils forment un duo que personne ne dérange car ils ne reçoivent pas de famille ni d'amis. Adèle refuse de sortir de chez elle, à de rares exceptions près telle que cette journée avant la rentrée des classes où ils doivent acheter des nouveaux vêtement à Henry. Là, Henry fait la rencontre de Frank dans le supermarché. Le week-end va basculer...
 

On s'attache très vite aux personnages, notamment à Henry qui nous raconte son obsession pour les filles, sa puberté. On ressent de la peine pour sa mère, qui vit cloîtrée dans son passé et qui lors des repas, raconte ses années d'amour avec le père de Henry. Puis, plus loin dans l'histoire, elle explique les raisons de son repli sur soi et on la trouve un peu moins "folle". Quant à Frank, l'évadé de prison, on se l'imagine tel que un Robert Downey Jr ou un Hugh Jackman, un mec simple, viril, qui n'a pas eu de chance dans la vie. Si je parle d'acteurs, c'est que le livre est très cinématographique, je vois déjà la petite maison au bout de l'allée, la cuisine au sol marqué de pas de danse, les étagères remplies de soupe à la tomate Campbell. Une adaptation au cinéma est en route. 
 

Le huit-clos entre Henry, Adèle et Frank, n'est jamais pesant pour le lecteur et on s'étonne de la dramatique légèreté de l'histoire, de ce ton drôle et familier, . Peut être parce qu'Henry fait des allers-retours dans l'histoire familiale, peut être qu'il ponctue l'atmosphère chaude (il fait plus de 40 degrés ce weekend là) et torride par ses accidents nocturnes. 

Je ne me suis jamais ennuyée au long de cette lecture car on veut absolument savoir ce qu'il va advenir de ces personnages.  

La couverture, très belle, convient parfaitement au roman car on ressent complètement l'enfermement dont est victime Henry, que ce soit seul avec sa mère, ou seul face au duo Adèle et Frank.

Il oscille entre le roman jeunesse et livre dramatique, avec un soupçon de suspense. Cette lecture était parfaite pour le weekend (oui, le jeu de mot est facile). 

Un grand merci encore aux Editions Philippe Rey et à Babelio, Opération Masse Critique
phil_30824.gif1601386222.jpg

Commenter cet article

Véro 31/01/2010 11:20


Ce titre me tente bien après la lecture de ton billet !


Lucie 31/01/2010 11:38



Oh, tu peux te laisser tenter, Long week-end est vraiment agréable à lire et quelle histoire !