Madeleine Vionnet, ma mère et moi de Madeleine Chapsal

Publié le par Lucie

9782749911649

" Madeleine Vionnet, ma marraine, et Marcelle Chaumont, ma mère, ont créé et dirigé la plus grande maison de haute couture d'avant-guerre, à Paris.
Elles m'ont éduquée dans le luxe, mais aussi l'exigence. Je devais exceller en tout, à l'école, aux cours de maintien, dans mon apparence. À leur image... Dès mes trois ans, j'ai assisté aux collections et peu à peu j'ai pris conscience de la grandeur de ce travail accompli par une ruche de douze cents employées, dans une discipline quasi militaire, pour créer et reproduire plus de mille modèles par an.
Reste que je ressentais la futilité de ce monde aujourd'hui disparu. Une femme ne valait-elle que par ce qu'elle portait ? Ces chiffons sublimes pouvaient-ils consoler certaines d'avoir dû renoncer à un métier, à une vocation, à leurs rêves d'autonomie ? Derrière cette coûteuse élégance se menait en sourdine un combat. C'est cette histoire ambiguë de femmes en marche vers leur libération, d'une mode à l'autre, que j'ai voulu raconter.
J'en fais partie. " (4ème de couverture)

madeleine-vionnet-studio.jpg

J'ai lu ce roman autobiographique grâce à un partenariat entre
livraddict et les éditions Michel Lafon. Comme j'ai manqué l'exposition Madeleine Vionnet aux Arts Décoratifs, qui a eu lieu entre juin 2009 et janvier 2010, j'étais heureuse de pouvoir découvrir l'envers du décor de la maison Madeleine Vionnet à travers le regard de sa filleule Madeleine Chapsal. Madeleine Chapsal, fille de Marcelle Chaumont, fut notamment journaliste pour Les Echos et Le Point dans les années 70. Depuis, elle se consacre à l'écriture avec à son actif plus de cinquante romans.
Donc, c'est par le biais de Madeleine Chapsal que l'on pénétre dans l'univers feutré et inégalé de la maison de couture Madeleine Vionnet. Sa mère, Marcelle Chaumont fut la plus fidèle collaboratrice de Madeleine Vionnet et ouvrit sa propre maison de couture lors de la seconde guerre mondiale. 
Ainsi, dès sa plus tendre, la jeune Madeleine, prénom donné en l'honneur de celle qui sa marraine, assiste à la création des oeuvres et au luxe de l'époque. Elle en garde un souvenir intact d'une époque où les femmes étaient des plus élégantes, où la haute couture était réservée à une élite d'aristocrates et d'artistes.
Elle est le témoin d'une époque révolue, celle des fastes d'entre deux guerres.
Comme j'ai suivi des études de textile, j'ai peu appris sur le fonctionnement de la maison Madeleine Vionnet, à l'exception du traitement privilégié des ouvrières. En véritable précurseur, Madeleine Vionnet a instauré un système de garderies, soins médicaux, bibliothèque et réfectoire pour les quelques trois cents ouvrières.
Grâce à ce roman, on comprend pourquoi Madeleine Vionnet fut longtemps inconnue au grand public, qui ne retient que Chanel. Cela tient au personnage de Madeleine Vionnet qui fut une personne secrète, qui vouait un culte au travail et à l'élégance mais refusait d'être un personnage public, et qui d'ailleurs fut enterrée modestement et dans l'anonymat dans le Jura. 
D'ailleurs, est ce que vous la connaissiez ? Madeleine Vionnet créa des robes sans corsets, d'un seul pan, coupées dans le biais, des vêtements conçus pour un corps de femme en mouvement, tout en travaillant avec les plus belles matières et les meilleurs artisans tel que Lesage. 

Je vous conseille ce roman si vous souhaitez découvrir en peu plus le monde la Haute-Couture et Madeleine Vionnet.

Je remercie vivement les éditions Michel Lafon et Livraddict pour cette lecture enrichissante et illustrée !

Commenter cet article