Pars vite et reviens tard

Publié le par Lucie

9782878581522.jpgOn l'a peint soigneusement sur les treize portes d'un immeuble, dans le 18e arrondissement de Paris : un grand 4 noir, inversé, à la base élargie. En dessous, trois lettres : CLT. Le commissaire Adamsberg les photographie, et hésite : simple graffiti, ou menace ? A l'autre bout de la ville, Joss, l'ancien marin breton devenu Crieur de nouvelles est perplexe. Depuis trois semaines, une main glisse à la nuit d'incompréhensibles missives dans sa boîte à messages. Un amuseur ? Un cinglé ? Son ancêtre murmure à son oreille : " Fais gaffe à toi, Joss. Il n'y a pas que du beau dans la tête de l'homme. "


J'ai un avis mitigé sur ce livre. Tout d'abord, c'est une découverte de Fred Vargas. Bien entendu, j'ai entendu beaucoup parlé mais sans avoir eu l'occasion ou l'envie de découvrir un peu plus ses romans. C'est désormais chose faite avec Pars vite et reviens tard

J'ai eu beaucoup de difficultés à accrocher à l'histoire. J'ai trouvé la lecture pénible, les descriptions à n'en plus finir. Mais j'étais tout de même intriguée par les messages anciens et la symbolique des 4, ce qui m'a fait continué la lecture. Donc les cent premières pages passées et la découverte du premier corps, tout devient plus intéressant car on s'attache à découvrir plus en profondeur la psychologie du meutrier-semeur. 
 

Les personnages sont pour moi un brin caricaturaux. Nous avons affaire au marin breton, rustre, exilé à Paris, à un érudit friand de textes anciens, au flic abandonné par sa femme et alcoolique. Là où j'aurais aimé de la subtilité, j'ai trouvé une vague de détails assommants, sauf lorsqu'il s'agit du personnage d'Adamsberg, fidèle à son instinct, marcheur, rêveur. 

"- Et alors ? Que donna Dieu à Jean-Baptiste ?

- Il lui donna l'intuition, la douceur, la beauté et la souplesse. 

- Et que donna Diable ? 

- L'indifférence, la douceur, la beauté et la souplesse." 

Si le début a été laborieux, j'ai été séduite par le coeur du polar, sa noirceur, les références historiques et scientifiques que nous font froid dans le dos. 


 J'ai aimé la façon dont Fred Vargas se jouait du temps, mêlant passé et présent, au rythme de la mer qui rend le corps des marins perdus après une tempête. Ses nombreuses références à la mer sont fabuleuses tel " un naufragé qui rencontre un rocher dans la nuit. Un splendide rocher, rond, lisse et sombre, auquel on verra une gratitude éternelle."


J'ai été un peu déçue par la fin du roman que j'estime assez classique. On avait affaire à un univers empreint de peur, de retour du "grand fléau", de lettres écrites en latin, qui se transforme en vengeance couplée à une histoire de famille. 

En deux mots : pas mal pour du polar français.
 

Publié dans Littérature polars

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calypso 26/12/2009 18:21


Lu il y a un peu plus d'un an, j'avais bien aimé !


Véro. 26/12/2009 14:23


Pars vite et reviens tard a été le premier livre de Vargas que j'ai lu et j'avasi trouvé son style percutant et différent. Du coup,j'en avais lu pas mal. Vu qu'il est dans ma bibliothèque, je crois
que je vais le relire histoire de voir si je me retrouve dans ta critique maintenant que les années sont passées.


Lucie 26/12/2009 14:40


Je suis d'accord avec toi pour dire que son style est différent et percutant parfois.
Je vais regarder le fim, pour voir l'histoire sous un nouvel angle.  


Livresque 26/12/2009 13:43


J'ai beaucoup aimé ce roman. J'en avais trouvé l'intrigue originale et les personnages atypiques. C'était mon premier Fred Vargas :)


Lucie 26/12/2009 14:38



C'est vrai que l'intrigue est originale, mais j'ai été déçue par le dénouement...
Et puis, en tant que bretonne, j'ai trouvé le personnage de Joss totalement surfait.
J'essaierais de lire d'autres polars de Vargas car j'ai quand même passé un bon moment.